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Le monde de Betty

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Une envie pressante

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Il était une fois, le p'tit grain de folie de Betty
mi-ange, mi-démon.

 

  
Vendredi 27 novembre 2009 5 27 /11 /2009 00:12

passionnément, à la folie, pas du tout…

Quatre jours, quatre départements, mille cinq cent quatre vingt dix huit kilomètres au compteur, du bitume à volonté, des voitures borgnes, des gros culs sans gêne, un baromètre sur beau fixe dans la tête quoiqu’en dise la météo, de petites foulées, un sprint à l’arrivée, un sourire sur la ligne de départ, un semblant à l’arrivée, du goudron dans les poumons, un Homme, deux Hommes, trois Hommes et tout ça pour ça !...
Betty s’émerveille de la vie, souvent, parfois et pourtant ce soir, au lieu de faire paraître un rayon de soleil, elle est allongée sur son divan, face à la mer, à l’image d’une chiffe-molle. Son p’tit ordinateur calé sur son ventre, un verre à ses côtés, elle ne sent plus ses pieds. Ses nouvelles bottes au fil des heures, des jours passés lui ont fait un bien joli pied de nez. Sa voix n’est que murmures. Ses cheveux si brillants au premier tour de piste sont ternes et s’emmêlent dans un chignon chiffon. Ses yeux démaquillés d’un mascara bleu océan n’illuminent plus rien. Sa nuisette en coton, mal repassée, fait grise mine par manque de coquetterie.

Sa bonne copine de tous les instants, on the road again, est dans le même état. Pire, elle est à l’image d’un vrai capharnaüm où traînent des dossiers very confidential, des cadavres de bouteilles d’eau à moitié vides ou pleines en fonction de la source, des papiers de chewing-gum jetés déci delà emballent le tapis de sol par leurs couleurs, des disques sortis du gramophone se mélangent par genre pareil à une partouze de sons, deux bérets se battent en duel pour savoir qui aura le privilège, dès la première ondée, à coiffer le casque d’or, deux paquets de drogue douce et dure, à la longue, se distinguent sur la banquette arrière, un manteau traîne lamentablement sur la lunette arrière, les vide-poches débordent de tout et n’importe quoi, les post-it, beaucoup plus pratiques qu’un bloc-notes pour la conduite, décorent l’habitacle et des mots laissés au gré de la pensée, s’échouent au fil du temps, passés pour le moment sous silence, une boîte de kleenex toute cabossée se meurt, trois livres achetés au cours du voyage attendent qu’on les délivre, le parapluie encore humide négocie avec sa copine la clim pour sécher ses ailes.


Faut dire que depuis quelques jours, côté cours, ça a été puissant pareil à un ace !

Faut dire que Betty qui s’émerveille de la vie, au premier tour, s’est prise des baffes à la volée !

Faut dire que ça l’a calmée pour le reste des sets !

Faut dire que même si la vie l’émerveille, c’est une bien vilaine garce !

Faut dire que les auditeurs râleurs avaient pour mission une trop bien haute qualité de leur savoir !  

Faut dire qu’elle est arrivée tout de même à faire que leur voyage se passe de l’utile à l’agréable !

Faut dire qu’elle aurait aimé les rayer de la carte définitivement ! Ou mieux encore, après consultation, vote où n’importe, faire appel aux contrôleurs du train à grande vitesse, là où tout est possible et leur demander si par le plus grand des hasards, ils opteraient pour une improbable grève, juste pour les beaux yeux de Betty, afin qu’elle reprenne ses esprits et qu’elle se repose le soir venu au lieu de potasser, seule, ses dossiers dans sa chambre d’hôtel !

Faut dire que sa chambre si douillette ne l’a pas fait fantasmer plus que ça !  

Faut dire qu’elle en a rêvé au deuxième jour de projeter ces auditeurs de malheur à l’époque de Philippe Le Bel, juste le temps d’assister à leur écartèlement ! Ok ce n’est pas bien mais ça soulage !

Faut dire que le temps qui file à vive allure n’a pas été clément sur ce coup là ! Et puis franchement, les miss météo, surplombant le monde de leur tour d’argent, à part nous montrer leur meilleur profil à l’antenne, genre décolleté pigeonnant et tenue rentre-dedans, feraient mieux de potasser et de nous annoncer de vraies prévisions ! Saperlipopette, personne n’a pris le temps de leur expliquer que dans le p’tit paradis de miss Betty, les prévisions doivent se fier aux changements de marées ?

Faut dire que ces quatre jours furent un sale temps pour miss Betty et sa Choupi !

Faut dire que les balais d’essuie-glace étaient à leur place !

Faut dire que la direction assistée n’a cessé de grogner par les rafales insoupçonnées !

Faut dire que l’option pneumatique en mode grésil n’aurait pas été un luxe !

Faut dire aussi que miss Betty, sans fausse modestie, s’est vue déclarer une bien belle note pendant ces quatre jours et franchement, quel soulagement après tout ce chamboulement.

Et dire que demain dès l’aube, il faudra à nouveau qu’elle assure sur le cours et réalise d’autres passing-shots, revers et fasse de cette dernière journée, la plus belle en veille de week-end et provoque alors un merveilleux et tant attendu break.

Et pourtant ce soir, une fille et une roulotte sont, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout…

Par Betty - Publié dans : Il était une fois, Betty.
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