lespetiteshistoiresdebetty

 

  Il était une fois...

le p'tit grain de folie de Betty mi-ange, mi-démon.


  Il n'est pas de hasard, il est des rendez-vous

pas de coïncidence...

Lundi 21 septembre 2009 1 21 /09 /Sep /2009 00:15

« Commençons par l’épilogue : maman, quasi centenaire, regardant un film sur un auteur qu’elle connaît bien. On voit l’auteur chez lui, à Paris, entouré de ses livres, dans sa bibliothèque qui est aussi son bureau. La fenêtre ouvre sur une cour d’école. Raffut de récré. On apprend que pendant un quart de siècle l’auteur exerça le métier de professeur et que s’il a choisi cet appartement donnant sur deux cours de récréation, c’est à la façon d’un cheminot qui prendrait sa retraite au-dessus d’une gare de triage. Puis on voit l’auteur en Espagne, en Italie, discutant avec ses traducteurs, blaguant avec des amis vénitiens et sur le plateau du Vercors, marchant, solitaire, dans la brume des altitudes, parlant métier, langue, style, structure romanesque, personnages… Nouveau bureau ouvert sur la splendeur alpine, cette fois. Ces scènes sont ponctuées par des interviews d’artistes que l’auteur admire et qui parlent eux-mêmes de leur propre travail : le cinéaste et romancier Dai Sijie, le dessinateur Sempé, le chanteur Thomas Fersen, le peintre Jürg Kreienbühl.

Retour à Paris : l’auteur derrière son ordinateur, parmi ses dictionnaires cette fois. Il en a la passion dit-il. On apprend d’ailleurs et c’est la conclusion du film, qu’il y est rentré, dans le dictionnaire, le Robert, à la lettre P, sous le nom de Pennac, de son nom entier Pennacchioni, Daniel de son prénom.

Maman, donc, regarde ce film, en compagnie de mon frère Bernard, qui l’a enregistré pour elle. Elle le regarder d’un bout à l’autre immobile dans son fauteuil, l’œil fixe, sans piper mot, dans le soir qui tombe.

Fin du film. Générique. Silence

Puis, se tournant lentement vers Bernard, elle demande : « Tu crois qu’il s’en sortira un jour ? »

C’est que je suis un mauvais élève et qu’elle ne s’est jamais tout à fait remise.

...
Chaque soir de mon enfance, je rentrais à la maison poursuivi par l’école. Mes carnets disaient la réprobation de mes maîtres. Quand je n’étais pas le dernier de ma classe, c’est que j’en étais l’avant-dernier. (Champagne !). Fermé à l’arithmétique d’abord, aux mathématiques ensuite, profondément dysorthographique, rétif à la mémorisation des dates et à la localisation des lieux géographiques, inapte à l’apprentissage des langues étrangères, réputé paresseux (leçons non apprises, travail non fait), je rapportais à la maison des résultats pitoyables que ne rachetaient ni la musique, ni le sport, ni d’ailleurs aucune activité parascolaire. »

 

Après lecture de cette intro, le « tu crois qu’il s’en sortira un jour », le « fermé à l’arithmétique d’abord, aux mathématiques ensuite », le « (Champagne !) », le nom de l’auteur qui m’a entraînée dans la Fée Carabine et autres, il me fallait le lire et parcourir ce Chagrin d’école.

Ni une ni deux, vous pouvez le comprendre, je me suis dit…

Par Une fille ordinaire - Publié dans : Lecture
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