lespetiteshistoiresdebetty

 

  Il était une fois...

le p'tit grain de folie de Betty mi-ange, mi-démon.


  Il n'est pas de hasard, il est des rendez-vous

pas de coïncidence...

Vendredi 11 septembre 2009 5 11 /09 /Sep /2009 00:23

Rousse aux yeux de biche, silhouette à elle, d’un rien d’ordinaire mais qui cachait des petits riens, juste assez pour que j’aime en découvrir les mystères. Elle avait un truc qui ne pouvait laisser indifférent à la première rencontre.

Elle bossait au Monoprix. Non derrière la caisse ou à remplir les rayons, non. Le poste qu’elle occupait était pourtant riche en produits. Elle gérait le stock des nouvelles collections. Nous avons fait connaissance tout bêtement dans l’escalier d’un ami de soirée commun, fort sympathique mais un brin manipulateur. Il connaissait nos goûts partagés pour la littérature et surtout nos dispositions sentimentales du moment. Il avait, sans nous donner le vrai motif, organisé un dîner entre amis et par une idée dès plus folle, il souhaitait écrire l’histoire de voir réunir ces deux personnages principaux qui pourraient faire l’objet d’un roman dont il serait l’auteur. Il se voyait déjà initiateur de leurs premiers émois amoureux. Scène incroyable et si probable que parfois, disons-le, ça peut marcher. Et bingo, les choses se passèrent exactement comme il l’avait planifié.

Elle avait tout pour me séduire et plus je l’écoutais, plus je la trouvais belle, sensuelle par sa beauté d’un roux endiablé, drôle, vive, intelligente et je pourrais multiplier à l’infini les qualificatifs pour la décrire, juste par plaisir de l’énumération. Après de nombreux échanges, pots et dîners organisés, je commençais sérieusement à être accroché. Du moins, je faisais tout pour m’en convaincre hors un point primordial à mes yeux, pour mon bien-être de mâle, je ressentais le syndrome épidermique. Je butais chaque fois que nous faisions l’amour. Je ressentais de plus en plus une lancinante incompatibilité épidermique à son contact comme si nous étions deux aimants aux pôles opposés. Je n’osais lui avouer ce sentiment d’être mal dans ma peau au contact de la sienne surtout qu’elle ne semblait ressentir ce mal aise grandissant, au contraire. Elle se mettait à nu dans tous les sens du terme et se donnait à moi sans faux-semblants. La nudité dans toute sa splendeur. Elle s’offrait tant à moi que je ne pouvais alors m’en défaire par une explication psychologique et qui me vaudrait un procès de questions que vous pouvez imaginer fort déplaisantes. Je fuyais jour après jour et elle revenait sans détour de plus en plus belle. J’ai vécu nos fusions avec effroi et retardais comme je le pouvais nos étreintes. Non, je ne pouvais et pourtant, vive, libre et si intelligente, elle pouvait comprendre me disais-je à chaque instant. Nous avons continué à partager une relation tendre, tumultueuse et non exclusive pour ma part. Il fallait que je consulte ailleurs pour savoir si mon corps ressentirait les mêmes sensations ailleurs. Puis pour me libérer et aimant la littérature, je me suis mis à écrire mes ressentiments sur un cahier pour me libérer de mes craintes, peurs, interrogations et pencher mon idée qu’enfin un jour, elle saurait. Mon désir était qu’un jour, l’indiscrétion d’un être lirait ces pages d’écriture et m’aiderait sans me juger car un journal selon moi a la fonction première d’être lu. Ce qui n’a pas manqué et je le pense vraiment aujourd’hui, c’était une pensée complètement idiote car un matin, j’ai retrouvé cette belle rousse, mon carnet à la main, en larmes de s’y retrouver ainsi maltraitée. Quelques minutes lui ont suffit pour y apporter en lectrice avertie, des corrections pertinentes à mes dépens vous l’aurez compris.

Ce jour là, j’ai compris que le sentiment d’être mal dans sa peau et mal au contact d’une autre provoquait une réaction épidermique.

Par Betty - Publié dans : Mise à l'épreuve
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