lespetiteshistoiresdebetty
Il était une fois...
le p'tit grain de folie de Betty mi-ange, mi-démon.
Il n'est pas de hasard, il est des rendez-vous
pas de coïncidence...
nouvelle vague, vie, année...
lespetiteshistoiresdebetty
Il était une fois...
le p'tit grain de folie de Betty mi-ange, mi-démon.
Il n'est pas de hasard, il est des rendez-vous
pas de coïncidence...
Charly…Charly arrive !
Ce cri strident, fulgurant percute à vive allure les cloisons, tel un écho sans fin, s’engouffre par bourrasque dans les bureaux et par un brouhaha indescriptible, telles des abeilles, des petits
corps s’agitent et se mettent à l’ouvrage. Toutes les filles s’affairent, se recoiffent, peignent de rouge leurs lèvres en fusion, bombent le torse, inspirent, respirent, se pincent les joues
pour redonner du peps à leur teint de pêche en ce si bon matin, jettent un coup d’œil dans leur miroir de poche et phase finale, prennent position derrière leur bureau afin que l’Homme, le
bobogosse de service puisse les regarder, les reluquer à leurs avantages. Elles chuchotent en pleine effervescence de pouvoir, à nouveau, encore et encore, être embrassées (sur les deux joues
s’il vous plait) par ce mâle qui les fait tant fantasmer le matin à la machine à café et si par chance, toute la sainte journée.
C’est qu’il en impose Charly, c’est qu’il en joue surtout avec ses mèches rebelles poivre et sel, son sourire en coin et sa bonne bouille d’enfant, pourtant si arrogant. Non qu’il soit beau, d’ailleurs qu’est-ce la beauté, mais il a un charisme perçant qui intimide et vous séduit dès qu’il vous croise du regard. Il le sait, en use et plus que tout, en abuse même, par plaisir, pour son plaisir. Quel que soit le lieu, lorsqu’il prend la parole avec aplomb, sans dévier, jamais à contresens, le regard vivant, pétillant de malice et du savoir faire qu’il entretient, il ne peut vous laisser de glace. Ses yeux pénétrants, directs n’effleurent jamais ses chaussures ni les vôtres, il ne s’arrête jamais en dessous de votre cou délicat mais vous cajole à chacune de ses paroles. Tout est self control, tout est quantifié pour mieux vaporiser son mystère et parfois, il se laisse aller à quelques petites et douces faiblesses pour que vous puissiez resplendir vous-aussi. Tout est jeu, tout est question de dosage, tout est son univers, celui de prendre le pouvoir et vous le procurer si vous êtes de taille. Car il ne s’arrêtera jamais à donner du change à une personne considérée par lui, d’idiot. Pendant les réunions, sa flamboyance ne peut être monnayée et il est le seul à en juger. Par on ne sait quel maléfice, les p’tites Femmes du bureau en sont raides dingues et sont prises au piège instantanément. Betty s’amuse car elle aime le voir à l’ouvrage, elle aime le regarder se dandiner avec sa cinquantaine bien tassée et aime oui, son sens de l’humour et de dérision, son intelligence à toute épreuve à vous faire pâlir et entendre dans les couloirs son prénom épelé tel un dieu, elle trouve cela incroyable qu’en quelques années, il ait su tisser sa légende de jeune premier, mâle qui fait mal, sans peur ni reproche. Charly par là, Charly par ci, elles ne cessent de lancer leur complainte à ceux ou celles qui voudraient bien l’entendre.
Que dire ? Qu’elles l’idéalisent trop sans un jour retomber sur terre dès que le bobogosse se lassera de leurs fascination où pire pour lui, que son passé, sa chute qui sait, se fassent en mode bac à sable. Une s’est prise de folie en lui disant d’aller voir si le sable du bac à sable d’à côté était plus fin que son esprit. Idiot ? Oui, non, qui sait, un moyen de défense pour ne pas succomber aussi à ses charmes. Charly est-il seul au monde, serait-il tout-puissant, se satisferait-il seul si le jour arriverait ? Il se croit inattaquable par sa beauté, par sa superbe, sa parole divine (enfin, le pense t-il). Nul ne le sait, nul n’est écrit alors laissons-le naviguer en eaux troubles encore quelques temps, juste pour le plaisir des yeux…
*Piètre acteur, au goût de Betty mais en mode poivre et sel, l’illustration était parfaite ! Sorry mister Gere…
Le mois préféré de Betty...
Coups de théatre