lespetiteshistoiresdebetty

 

  Il était une fois...

le p'tit grain de folie de Betty mi-ange, mi-démon.


  Il n'est pas de hasard, il est des rendez-vous

pas de coïncidence...

Mercredi 3 juin 2009 3 03 /06 /Juin /2009 00:36

Quelle émotion dans la rue !
Le boucher préparant les côtes de veau de mademoiselle Adélaïde ne peut s’empêcher de raconter la scène dont il a été témoin le matin même : « Vous connaissez monsieur Martin ? Mais si voyons, le peintre qui travaillait sur la façade de la banque et bien tenez-vous bien, vers huit heures, une planche de son échafaudage a basculé et il est tombé sur le trottoir ! Je me suis précipité et ai demandé à ma femme d’appeler une ambulance qui vient à peine de l’emmener à l’hôpital. Combien de côtes de veau ? Excusez-moi, je n’ai pas toute ma tête car la chute fut rude et que cela était difficile d’appeler madame Martin pour la prévenir. Quelle pénible mission ! La pauvre femme est devenue toute blanche, mais non mam’selle Adelaïde, je ne suis pas extralucide mais madame Martin est serveuse dans la brasserie d’à côté. Oui chez le père Dubreuil. Et dire qu’elle a failli s’évanouir mais elle est courageuse et puis après un petit cognac, elle s’est remise de ses émotions et est partie à l'hôpital, non sans être passée récupérer ses deux enfants chez la concierge. Sept cent grammes, ça vous va ? Mais non, mam’selle Adelaïde, ce n’est pas le poids des enfants Martin ! »
Arrivée sur place, madame Martin toute énervée et inquiète criait qu’elle voulait voir son mari. L’infirmière prévenante et s’essayant rassurante lui répondit : « Ce n’est pas possible maintenant madame, il a la jambe cassée et bien malheureusement, nous ne pouvons pas le plâtrer car le tibia est sorti de son emplacement et il est entrain de se faire opérer. Mais rassurez-vous, sa vie n’est pas en danger et selon le diagnostic du chirurgien, vous pourrez je pense le voir demain. » Il faut bien se résigner et madame Martin refoule ses larmes pour ne pas affoler ses enfants. « Maman, papa ne va mourir dit ? » « Mais non mes petits ! » Mais quelle nuit d’angoisse et d’insomnie !
Le lendemain, ils sont là, bien avant l’heure de la première visite. Une infirmière accompagne le petit groupe le long des couloirs blancs. Elle frappe légèrement et pousse doucement la porte. Oui, papa est là, le buste relevé par les oreillers et la jambe allongée sur une gouttière. Il est bien pâle mais il sourit d’apercevoir toute sa petite tribu hésitante à franchir le pas de la porte. Maman si discrète se baisse pour l’embrasser et les petits se haussent pour rencontrer sa joue qui pique. « Je ne sais pas comment c’est arrivé. J’ai entendu un bruit sourd puis un grand choc et j’ai perdu connaissance. Je me suis retrouvé ici, allongé sur un brancard. Le chirurgien achevait de me palper en me disant que je m’étais bien arrangé et après sa consultation et avoir palpé mon corps endolori, m’a annoncé que j’avais la jambe cassé, le tibia en deux morceaux et pas mal de contusions sans m’avouer que j’avais vraiment eu beaucoup de chance ! On m’a endormi et quand je me suis réveillé, la fracture de ma jambe avait été réduite et je ne sentais pas la douleur : les calmants sans doute.  Le chirurgien est passé dans l’après-midi faire ses visites et m’a rassuré en me disant que j’étais robuste et que je ne ferais pas d’infection et que je ne boiterais même pas après ma rééducation.
Mais il m’a fait grand peur en me disant que j’aurais pu me fracasser le crâne ou me rompre la colonne vertébrale ! Quelle chance, mais quelle chance j’ai eu ! Peindre sur une planche pourrie et bien ça m’apprendra mais mes chéris, surtout ne le racontez à personne. » 

Par Betty - Publié dans : Histoire imaginaire
Voir les 7 commentaires - Ecrire un commentaire
Retour à l'accueil
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés