lespetiteshistoiresdebetty

 

  Il était une fois...

le p'tit grain de folie de Betty mi-ange, mi-démon.


  Il n'est pas de hasard, il est des rendez-vous

pas de coïncidence...

Vendredi 24 avril 2009 5 24 /04 /Avr /2009 00:44

Une mélodie m’a soudain arrêtée dans ma course effrénée. Une soul du passé, une voix, deux voix, un duo, une chanson alors, j’ai stoppé les machines, mis Choupinette face à la mer, ouvert les portes toute voile dehors et je me suis allongée sur le capot baigné des rayons de soleil. Mes bras se sont alignés telle une girouette. J’ai fermé les yeux et cette mélodie et message se sont mis à résonner en moi.
Les passagers de la plage se demandaient ce que je pouvais bien fabriquer, seule, étendue dans cette position à regarder le ciel, musique à volonté pour celles et ceux qui pouvaient l’entendre. J’étais bien, c’était sensationnel cet instant, si beau, face aux images que me projetait le ciel si calme, si bleu à vous couper le souffle. Les vagues par un petit bruit léger, venaient mourir sur le sable et s’harmonisaient parfaitement à l’ambiance.  
Un moment comme je les aime, de celui qui vous fait oublier la journée qui n’avait été que soucis quotidiens et si futiles à mes yeux, une journée traînant son lot de petits dilemmes professionnels, de renoncements et de remords, du passé, du présent. Cet arrêt sur image, ce moment de folie de prendre possession du paysage étaient une part de moi qui venait de baisser les bras tandis qu’une autre triomphait. Je ne voulais pas me laisser envahir par les sensations qui vous font franchir les portes de l’enfer et je restais, là, à mettre en replay, cette mélodie, cette dimension de moi-même qui devait triompher d’une autre. Et dire que dans la journée passée, des jugements m’avaient couté, avaient laissé en haut de mon dos, une tension diffuse.
Alors, allongée à écouter inlassablement ces voix, je fermais les yeux pour oublier les désaccords avec les autres et je me suis sentie bien : c’était beau, tout était beau. C’était pur, tout était pur. C’était simple, tout était simple. Par des brides de souvenirs, je me suis rappelée de la définition kantienne du sentiment du beau : un jeu libre et harmonieux des facultés humaines qui se répondent harmonieusement sans que l’une n’impose sa loi aux autres. Je restais immobile, à l’écoute du monde extérieur, à l’écoute de moi-même et je ne ressentis plus d’hésitation, comme si la musique était là pour renouer ce que la vie a défait. Je suis comme ça et aime me dire que d’autres aussi…

Par Une fille ordinaire - Publié dans : Confidence pour confidence
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