lespetiteshistoiresdebetty

 

  Il était une fois...

le p'tit grain de folie de Betty mi-ange, mi-démon.


  Il n'est pas de hasard, il est des rendez-vous

pas de coïncidence...

Mercredi 18 mars 2009 3 18 /03 /Mars /2009 00:02

Le petit Paul est sur le quai. Il serre bien fort la main de sa maman. Il ne se sent pas de joie. Croiriez-vous qu’à dix ans c’est son premier voyage en chemin de fer ?
Une sonnette se met à grelotter, le chef de gare paraît, son petit drapeau sous le bras. On entend un roulement lointain. Tout à coup, là-bas, au fond de la tranchée, le train apparaît dans un nuage de fumée. Il semble ne pas bouger mais la locomotive grossit, grossit et la terre tremble. Puis dans un grand fracas de freins qui grincent, le convoi s’arrête.
« Vite mon p’tit bonhomme, il faut que nous prenions place ! ». Maman se hisse dans le compartiment, Paul escalade le marchepied : les voici tous deux face à face essoufflés et souriants. Quelle aventure se dit Paul, mais quelle aventure ! Le garçon se fige et ses yeux parcourent le wagon. Cette petite roulotte lui est inconnue par la moleskine fraîche et brillante des banquettes, les filets à bagages, les serrures compliquées mais défendu d’y toucher dit maman surtout la poignée placé en haut de la fenêtre. Pendant qu’il inventorie tout cela, une drôle de petite corne se fait entendre, un coup de sifflet lui répond et voilà que la gare, le jardin, les arbres se mettent à glisser sans bruit. Est-ce possible ? Il se penche à la fenêtre. « Oh ! Ça y est le train démarre » crie t-il à tue-tête !
Paul se cale dans son coin et fixe la fenêtre qui lui projette des images qui défilent à vive allure. Des champs, des prés, des bois, des clochers, des vaches, des landes accourent, tournent, filent et s’en vont. D’un poteau à l’autre, les fils du télégraphe montent et descendent. Une écharpe de vapeur blanche se déroule, se déchire puis s’efface comme par magie. Le train longe des rivières, les traverse sur des ponts qui résonnent, court sur de hauts remblais, s’enfonce en hurlant dans la nuit des tunnels et en ressort brusquement. Tom frissonne de plaisir et de peur mais adore la sensation que cela lui procure. Mais voici que la campagne se peuple de petites maisons rouges et blanches. Les rails brillants se multiplient et se croisent. Le train ralentit, il cherche son chemin parmi les signaux et les aiguilles. La ville approche. Tout à coup c’est l’ombre d’un hall immense qui se peaufine à l’horizon. Le train s’arrête et Tom petit campagnard se demande par quel miracle des habitants vivent dans la gare. Des employés, des porteurs, des vendeurs de journaux, de bonbons, une foule de passagers qui se hâtent aux escaliers qui s’offrent à eux pour mieux les aspirer vers d’autres lieux.
Tom descend tranquillement et distingue au loin un sombre couloir que sa maman souhaite emprunter. Timidement il la suit ne sachant pas où ce long couloir va le mener. Est-ce que ses cousins seront là à l’attendre pour l’accompagner au mariage du cousin Benoît ?
Tenant le bout de manche de la veste de sa maman, inquiet et grisé par tant de bruits, il s’avance et tout à coup aperçoit la lumière dans ce brouhaha assourdissant. Et là, il les aperçoit et court les rejoindre : ça y est il a vaincu sa peur et peut enfin profiter de ses belles journées à venir à Paris !

Dîtes les passagers, Betty se demande si vous avez fait bon voyage...

Par Betty - Publié dans : Histoire imaginaire
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