lespetiteshistoiresdebetty

 

  Il était une fois...

le p'tit grain de folie de Betty mi-ange, mi-démon.


  Il n'est pas de hasard, il est des rendez-vous

pas de coïncidence...

Jeudi 12 mars 2009 4 12 /03 /Mars /2009 00:25

« Pierre, tu vas aller à la poste et tu m’achèteras dix timbres à cinq francs et dix cartes postales. Voici cent francs. Ne les perds pas et surtout ne te fais pas écraser ! ».
Pierre part comme une flèche. Il est fier d’être traité comme un homme, capable de se débrouiller tout seul. Il connaît bien le grand bâtiment tout neuf avec son inscription : Postes – Télégraphes – Téléphones, ses vastes baies et les mâts d’où partent, vers les quatre points cardinaux, des centaines de fils. Il arrive, il pousse la porte et le voici dans le hall. Une barrière le partage en deux. D’un côté les employés, de l’autre tous ces gens avec des lettres, des paquets, des imprimés. Des pancartes les orientent et on peut y lire : mandats, colis postaux, télégraphe, téléphone, caisse de l’écureuil, timbres poste, affranchissements. Le petit bonhomme est heureux de se mêler aux adultes et se faufile dans la queue.
Le bureau va bientôt fermer et c’est l’heure de la grande affluence. Pierre attend patiemment son tour tout en regardant autour de lui car il y a tant de choses à voir ! On entre, on sort, on s’agite. Un grand monsieur moustachu tire sur lui la porte de la cabine téléphonique en bougonnant, un autre agite un télégramme urgent, une dame consulte l’annuaire, un commis en blouse feuillette l’énorme annuaire tout froissé enchaîné à un pupitre en bois, une vieille femme remplit lentement un formulaire de dépôt d’espèces : sa plume crache de l’encre et salit la feuille, elle en prend un autre et recommence. Si Pierre osait, il lui prêterait son stylo que la maîtresse leur a offert pour la nouvelle rentrée.
Derrière la barrière, les employés écrivent, pèsent, collent des timbres, distribuent des jetons pour le téléphone, tamponnent, encaissent, renseignent et ceci tout en restant polis. Le tour de Pierre arrive : « Bonjour madame, je voudrais dix timbres à cinq francs et dix cartes postales, s’il vous plait. ». La dame fouille dans son carnet, détache la plaquette des Marianne et lui présente les cartes postales qu’il désire. « Oh oui, celles avec les chevaux, les moutons et puis je voudrais les lacs de montagne ». « Voici mon petit bonhomme et ça te fera : (5x10) + (3x10) = 80 francs tout juste ». Pierre pose son billet sur le comptoir en se mettant sur la pointe des pieds et l’employée lui rend vingt francs. « Merci madame ». Elle lui sourit et lui dit de faire bien attention de ne pas perdre la petite enveloppe et surtout l’argent.
Pierre en sortant ne comprend pas pourquoi tout le monde lui dit de faire attention ! C’est un homme et se sent tout aussi responsable que les autres clients. Sa mission de confiance bien remplie, glisse l’enveloppe dans son manteau et court à vive allure rejoindre son papa lui raconter son aventure. 

Que les temps ont changé, que de mots oubliés, que de souvenirs non ? dit Betty en se remémorant petite fille…

Par Betty - Publié dans : Histoire imaginaire
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