lespetiteshistoiresdebetty
Il était une fois...
le p'tit grain de folie de Betty mi-ange, mi-démon.
Il n'est pas de hasard, il est des rendez-vous
pas de coïncidence...
en pleine effervescence...
lespetiteshistoiresdebetty
Il était une fois...
le p'tit grain de folie de Betty mi-ange, mi-démon.
Il n'est pas de hasard, il est des rendez-vous
pas de coïncidence...
Il fait nuit. La lune se lève. Derrière ses palissades, le noir chantier qui semble dormir. Sur le ciel sombre se dessinent
des silhouettes : la haute tour carrée des bûches empilées, le dos rond des tas de houille, la colline de coke, la pyramide des boulets. Tout ce petit monde se réveille tout doucement et
chuchote :
« Moi, dit le bois, je suis tout chêne, hêtre et charme. Nous venons d’un pays que l’on
appelle le Morvan. Il y a des siècles que nous chauffons les villes et les campagnes et que nous descendons à loisir les rivières jusqu’à notre destination mais aujourd’hui, il paraît que nous ne
flottons plus. Nous sommes donc obligés de monter en camion, comme nos cousins de Sologne : le pin, l’aulne et le bouleau. En rondins, en quartiers, nous irons dans la cheminée des maisons
pour que les habitants s’offrent une flambée ou dans le petit poêle des vieux qui aiment notre douce chaleur ».
« Nous sommes parents, mais de très loin, dit la houille. Avant de m’endormir sous la terre, j’étais un arbre comme vous, avec des
feuilles et des fleurs pour certains de mes congénères. Ecrasée dans ma prison de pierre, je suis devenue noire et brillante, et j’ai perdu toute forme et les couleurs me font défauts. Je ne suis
destinée qu’à faire fonctionner les usines, les locomotives, les grandes chaudières et je me sens bien seule… ».
« J’étais houille, comme toi, murmura le coke. Mais j’étais si gras, si riche, qu’on m’a rôti comme un poulet jusqu’à ce que j’aie
abandonné mes gaz et mes goudrons. Je suis tout desséché, grisâtre et si rude et pauvre de moi, j’achèverai ma vie sans flamme sur la grille des foyers et dans les braseros. Quand même, j’ai
la consolation d’offrir aux ménagères, la flamme bleue de leurs réchauds. »
« Si vous me permettez que je
me présente, ajouta une petite voix, je suis la tourbe. Je ne me sens ni bois, ni charbon. Je n’ai été qu’une herbe, lentement engloutie dans les
marais. On m’en sort à coup de bêche, en grosses mottes. Je reste légère et si spongieuse sous ma robe burne et bien malheureusement, je n’ai pas beaucoup d’ardeur. Je fume beaucoup trop mais je
fais ce que je peux dans la cheminée des pauvres gens ».
« Et oh ! Ne nous oubliez pas, crièrent les
boulets. Ne sommes-nous pas les plus jolis, tous pareils, joyeux lurons formés dans le même moule ! Est-il possible que nous ayons été si
longtemps dédaignés et laissés sur le carreau de la mine ? Hélas ! Nous allons retourner en poussière mais nous aurons eu du bon temps ! »
Une histoire, des souvenirs, un passé révolu que cette histoire du bois et du charbon : que la vie a bien changée depuis…et quel enthousiasme, quelle ardeur et quelle histoire !
Un dimanche, rentrant de balade, assise à une table dans un troquet, me suis laissée envahir par la conversation de deux gentils papy qui parlaient de leur souci de chaudière et ils ont parlé du bon temps, du temps de leurs parents et sage comme une image, j'ai commencé petit à petit à noter quelques idées sur un cahier qui ne me quitte jamais et vous voici projetés dans une histoire imaginaire, enfin pas si imaginaire que cela... bise
Tout en feeling...
à bientôt