lespetiteshistoiresdebetty
Il était une fois...
le p'tit grain de folie de Betty mi-ange, mi-démon.
Il n'est pas de hasard, il est des rendez-vous
pas de coïncidence...
Que devient-elle ?
bientôt....
nouvelle vague, vie, année...
lespetiteshistoiresdebetty
Il était une fois...
le p'tit grain de folie de Betty mi-ange, mi-démon.
Il n'est pas de hasard, il est des rendez-vous
pas de coïncidence...
Qu’est-ce qui m’a pris ?
Normalement, je suis équipée d’une sorte de filtre qui tamise tout ce que je pense ? Mais le filtre n’a pas fonctionné
cette fois-ci et j’ai pu constater, par une vision, celle des visages ahuris, que je ne suis qu’un moulin à paroles !
Ce matin là, je suis sortie du métro, le soleil d’automne éblouissant et si blanc m’a transporté à peine sortie de la
pénombre de ces longs et si tristes tunnels, je me sentais si envahie de chaleur interne, reposée et si sereine que je me suis auto-diagnostiquée : mademoiselle, vous êtes enclin à
l’optimisme !
Et pourtant à peine rentrée en réunion, à peine les premiers débats ouverts (et dire qu’amoureux auraient été tant
savoureux…) sur le devenir de ce produit marketing, à peine les premières gorgées de café avalées sans saveur, à peine l’exposé terminé, à peine eurent-ils le temps, ces dirigeants de pacotille
de faire leur analyse, à peine les dix heures passées que je me suis mise dans une position pluss qu’inconfortable à savoir ouvrir les lèvres et prononcées un NAN retentissant à une de leur
décision.
Temps mort, temps suspend ton vol, arrêt sur image : celle que nous n’aimerons jamais revivre, celle où tous les regards
se détournent pour ne plus vous détacher, celle où les bouches restent sans voix, celle où votre p’tit patron se demande par quelle folie vous avez osé l’affronter sur son terrain favori. Celle
tout simplement où vous aimeriez vivre dans un monde où tout s’efface par un coup de gomme magique : et là, vous êtes représentative de la tomate qui vire au rouge au contact du
soleil.
Puis votre adorable patron vous demande d’exposer plus clairement votre avis et réaction négative à son analyse : vous
prenez votre p’tit crayon pour vous donner de l’importance, vous tirez délicatement sur votre chemisier pour qu’il reste en position sage et vous prenez votre air de « je le veux je
l’aurai » !
Une demi-heure s’envole où pendant ce temps vous papillonnez pour faire comprendre à ces abrutis de bureaucrates qu’ils
auraient du approfondir leur étude sur le terrain et vous retournez à votre table, après invitation de votre boss, la tête défaite par tant d’adrénaline.
Vous avez l’impression que votre corps se dégonfle de soulagement et arrivé dans votre p’tit bureau, vous regardez votre
écran sans le voir et vous avez la gerbe. Vous vous dîtes que vous aviez raison dès la mise en marche du second étage dans l’ascenseur : vous allez perdre votre job pour une remarque à la
con ! Pourquoi alors, a-t-il fallu que vous l’ouvriez ?
Analyse aussi rapide que la vitesse de ce maudit ascenseur : vous n’êtes qu’un moulin à paroles et vous vous dîtes que
vous êtes très honnêtement qu’une tarte ! Quelle idée de penser que cela intéresserait quelqu’un ? Vos idées sont vôtres et les clowns qui ont assisté à votre démonstration n’ont même
pas desserré les fesses par votre brillante analyse voire même sur votre si joli décolleté et mine souriante.
De retour à mon bureau, je réfléchis à toute vitesse. Et oui, cela m’arrive : créer tes propres occasions, fabriquer tes
opportunités, aller de l’avant, faire que les collines deviennent des montagnes, rompre la glace bref FONCER ! Comment les choses peuvent-elles être aussi catastrophiques alors que je
ne suis même pas encore assise à mon bureau ? Puis les heures passent, les jours et au petit matin du huitième, j’ai été convoquée au dernier étage, celui du grand patron : et là la sentence
tombe !
Imaginez ! J’ai eu une promotion ! Puis redescendue de mon p’tit nuage et de ce maudit ascenseur, j’en ai fais les
premières pages à mes confidentes comme si je leur présentais ma toute nouvelle carte de visite. Pendant quelques instants, rien ne bouge dans le bureau. Tout le monde me regarde comme si
j’allais faire un discours, un ballet ou un truc. Je vois de la jalousie sur certains visages, de la curiosité sur d’autres (elle a couché ou quoi pour l’obtenir ?), des envieux, de
l’admiration CAR elle le vaut bien et même un peu d’envie du style j’aimerais bien être à ta place.
ET BIEN NON, ce n’est pas ma philosophie de vie ! Cette situation, c’est comme vivre un cauchemar où tout le monde peut apercevoir votre petite culotte…
Un jour, toujours...
Coups de théatre