lespetiteshistoiresdebetty

 

  Il était une fois...

le p'tit grain de folie de Betty mi-ange, mi-démon.


  Il n'est pas de hasard, il est des rendez-vous

pas de coïncidence...

Vendredi 12 septembre 2008 5 12 /09 /Sep /2008 00:55

Vous trouble t-il toujours autant ? Les années passent, comme dirait une petite expression, mais ne se ressemblent pas et pourtant, un souvenir, un seul, celui de votre premier émoi, celui qui vous attendrit et vous fait frissonner, quand vous vous repassez, le soir venu, un passage de votre adolescence : celui qui a chaviré votre cœur pour la première fois. Un Homme ou une Femme, un visage, le sien, une expression celui de son regard, un son celui de son rire, une mimique celui de son sourire…
Dix, quinze, vingt ans et plus, vous n’avez pu oublier votre premier émoi amoureux où coup de foudre selon chacun. Non, vous n’avez pu (sinon tant pis…). Quelle délicieuse pensée, que de bouleversements à se remémorer les premiers regards échangés, les billets doux déposés, le premier rendez-vous, les mains tremblantes, la gorge sèche et le regard fuyant de timidité. La scène, aujourd’hui, se déroule dans un monde du passé où certains d’entre vous pourraient s’identifier, se reconnaître dans les gestes, les images voire le baiser…
Il est en terminale, elle est en première, il est à un âge où l’on regarde les filles et même plus. Mais pour lui ce n’est pas simple, il demande aux filles davantage que d’être jolies. Des superbes filles, il y en a plein les classes mais une seule lui soutient son regard. Cette demoiselle, prise de tremblements et de quelques jolies rougeurs, ne peut que le remarquer, lui, ce garçon si resplendissant. Pensant qu’elle ne l’intéresse point, elle se met à longer timidement les couloirs mais lui se retournant sur son passage, sent immédiatement des affinités autres que sculpturales et pourtant, aime regarder son déhanchement et sa chevelure s’élever à chacun de ses mouvements gracieux. Elle lui plaît beaucoup, énormément même : c’est clair, depuis leurs échanges de regard langoureux, il ne peut se détacher d’elle tel un aimant. Il est pourtant persuadé que cette créature ne peut s’intéresser à un garçon comme lui et de plus elle n’a jamais montré aucun signe qu’il aurait pu interpréter autrement. Pourquoi ne pas oser tout simplement ? Pourquoi attendre qu’elle s’échappe, qu’elle se lasse et qu’elle en aime un autre ? Il ne peut, ne doit résister à la tentation de lui prendre la main, de la tenir dans ses bras, de lui dire qu’elle est belle et si fine d’esprit, de l’attendrir de jolis mots et compliments, de faire son Roméo et d’elle sa Juliette.
Les Hommes sont patauds mais parfois se surpassent et sans que l’on s’y attende, vous surprennent par tant de douceur et de tendresse, que vous ne pouvez, aux prémisses des portes de l’amour et des sentiments, succomber.
Il prit son temps, mais au fil des jours, se mit à lui composer des billets doux et par la complicité de ses amis, ses mots caressants laissés sur le papier, l’a troubla plus que tout.
Les Femmes sont des fleurs bleues, des cœurs d’artichaut et de jolies fontaines quand elles se sentent ainsi enflammées par les sentiments.
Et par un billet échangé, une rencontre fut fixée : sur le campus des dortoirs, juste derrière l’infirmerie, à l’abri des regards et sous couvert par les arbres arborant le parc de leur bahut. Arrivant le premier, se tenant à l’écart pour observer l’arrivée de sa jolie demoiselle, il se demandait s’il aurait le courage de tout lui avouer sans paraître sentimental et sensible à son charme. Elle, montant le chemin, se mortifiait à l’idée qu’il se jette sur elle comme un adolescent attardé et nerveusement tirait sur sa jupe plissée pour ne point paraître aguichante. Et pourtant, la veille, elle s’était préparée à ce rendez-vous par le choix de sa tenue, de sa coiffure et surtout à se mettre en scène si déception il y aurait. Puis un choc imminent, sourire et aveuglant : leurs regards ne se détachant plus, ils s’avançaient l’un vers l’autre, tout aussi timides, tout aussi excités à l’idée de se rejoindre, enfin… Quelques secondes et un bonjour discret plus tard, se sont assis au pied du vieux chêne et s’ensuivit des discussions sans fin de leurs passions et de leur vie. Le temps n’existait plus : ils se mirent à discuter de tout et rien et pris d’un fou rire, se sont trouvés bien ridicules à l’idée que chacun avait peur du ressentiment de l’autre.
Puis gauchement, sans nervosité, juste comme ça, telles des scènes d’un film de Woody Allen, elle s’est blottie dans ses bras, il l’a protégé et serré contre lui, se sont caressés, se sont respirés et tout en douceur, leur premier baiser fut échangé… Leur liaison fut voluptueuse et passionnée : elle fut de celle où le premier acte amoureux fut délicieux mais un jour, la vie leur réserva des tourments : lui devant quitter la France pour étudier et elle, pleurant toutes les larmes de son corps lui promit qu’elle l’attendrait.  
Les promesses d’adolescence n’ont pas résisté au temps et ils se sont éloignés l’un de l’autre sans fâcherie, sans blessure, juste comme ça, au-delà des frontières.
La vie est étrange mais au cours d’une soirée, bien des années plus tard, ces deux êtres n’ont pu oublier ce moment, cette sensation voluptueuse qu’ils avaient vécu dans leur tendre jeunesse. Tout au long du dîner, par un simple regard, rien n’avait changé et jusqu’au dessert, ont été les seuls à revivre ce rendez-vous inconnu de tous. Troublants sont les souvenirs...

Par Betty - Publié dans : Emotions
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