lespetiteshistoiresdebetty

 

  Il était une fois...

le p'tit grain de folie de Betty mi-ange, mi-démon.


  Il n'est pas de hasard, il est des rendez-vous

pas de coïncidence...

Lundi 8 septembre 2008 1 08 /09 /Sep /2008 00:03

Betty de passage pendant l’été dans les vignes du Bordelais et des alentours, s’est imprégnée des paysages, de l’odeur des feuilles de vignes et de leurs si hideux pieds, du soleil qui en se couchant, illuminait les parcelles, de l’humidité des caves, du goût si fruité, âpre ou gouteux, selon les papilles, de ces breuvages, des couleurs framboise, cassis, rouge profond de ces nectars, des p’tites maisons que bordaient les chemins caillouteux et pareil à une drogue, elle s’est assise le soir venu, sur une butte dominant les vignes, pour écrire : mot après mot, imagination après imagination, sensation après sensation, son p’tit esprit s’est mis à vagabonder au delà du réel et une histoire imaginaire s’est mise à tournoyer sur les pages d’un cahier. Cet ami, ce confident dont elle ne se sépare jamais s’est laissé faire… Une histoire toute simple, sans prétention de celles et ceux qui vivant en osmose avec leur passion, prenait forme dans un moment du passé oublié… Seule une image ne pouvait vieillir : celle de récolter les grappes mouillées par la rosée du matin ou chaudes comme les braises au soleil de midi.
Par la simplicité des gens de ce beau pays, Betty si curieuse et avide de connaissances, a appris le sens du mot terroir, la conservation et dégustation des vins et la culture et soins à prodiguer aux vignes. Accompagnée d’un Homme (et oui encore…), un amoureux (et non pas de Betty…) de ses terres, elle s’est empiffrée de toutes ces beautés et a appris les rudiments d’un savoir-faire : celui d’être vignoble.
Par cette p’tite histoire imaginaire, évadez-vous en ce jour de rentrée vers d’autres horizons…  

Le temps des vendanges
Cette année, Paul a décidé d’être vendangeur. Il trouva une place au soleil très facilement étant donné que sa famille de génération en génération était dans le métier. Il prit de bon matin, après un copieux déjeuner, son panier et son sécateur. Le maître de chais lui a attribué sa rangée dans la vigne. Ils sont tous une bande, des gens du pays, des passionnés et des illuminés pour certains. Paul était heureux de retrouver sa petite famille qui, par confiance, l’avait recommandé. Même, sa grande tante, Mauricette, qui a vu dans son enfance planter le clos, et qui à l’aube de ses soixante dix ans était encore présente.
Quel plaisir de chercher les grappes de raisin sous les feuilles, ces jolies verdures qui par leur éclat, étaient passées d’un vert tendre à celui de vert foncé au fil des saisons. Quelle sensation de saisir à pleine main une belle grappe aux grains noirs et serrés, toute bleuie encore de rosée. Quelle force de manier le sécateur et de voir le panier se remplir.
La parcelle si silencieuse au lever du soleil, résonnait de « crac-crac-crac » et ce dès l’arrivée des vendangeurs et cette mélodie emplissait petit à petit la vallée. Comment résister à la tentation de ne point mordre dans un grain de raisin bien mûr et si doré ? Le sucre vous collait aux lèvres et le jus vous rafraîchissait et en un clin d’œil vous étiez si gai… Paul ne pouvait résister tant l’envie était grande. A côté de lui, sa grande tante s’activait. Ses mains agiles furetaient à travers les sarments. Pour elle, pas de sécateur, mais sa bonne amie, la serpette, qui depuis bien longtemps, taillait et vendangeait. Elle la suivait du coin de son œil et arrivait à réparer ses erreurs. Quelle tendre et fidèle amie que cette serpette, qui vendange après vendange, devenait l’outil indispensable et la maîtresse d’un savoir-faire.
En ces jours de vendange, comme les gens sont gais et joyeux. Le dos rond et le nez vers la terre, ils rient, ils causent et se taquinent. Une convivialité s’installe et à la fin des vendanges, presqu’une amitié naissante les lient à ces belles journées passées ensemble. Oui, pense Paul, que c’est amusant de vendanger, quand la récolte est bonne, que les amis de labeur sont heureux de travailler ensemble dans la bonne humeur surtout quand il fait beau. Mais c’est fatiguant aussi : Paul, après des heures et des heures passées dans le clos, sent ses jambes raides et le dos douloureux. Que serais-ce alors s’il devait, comme les porteurs, faire la navette des paniers, la lourde hotte aux épaules, monter l’échelle et, d’un tour de reins, la verser dans la remorque ?
Au soleil, là-haut, il est bientôt midi et tous, malgré des heures de travail mais aussi de plaisir, décident toujours de continuer à couper les rangées. Puis, raisonnables, ils s’assoient, jambes allongées, sur l’herbe sèche de la prairie, tout en haut de la vigne. Il fait bon d’attaquer la salade aux œufs durs et aux tomates sucrées et juteuses, le jambon, le fromage et le dessert (pêches et grappes de raisin cueillies au pied de l’arbre et de vigne). Paul, jeune pourtant, se voit servir un plein gobelet de vin pur : « Bois, cela te fera grandir ! Il est bon, mais je crois que celui de cette année sera encore meilleur ». Comment résister ? La bonne entente, le soleil lui chauffant le visage et ces paysages font de lui, un Homme et un vendangeur respectable et heureux.
Puis, la sieste venant, il s’étonne d’un bruit et ses nouveaux amis, lui confient que ce sont les grives, si bavardes en cette saison, aux aguets dans les arbres, qui se demandent si elles vont pouvoir savourer aussi ces tendres grappes de raisin…

Par Betty - Publié dans : Histoire imaginaire
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