lespetiteshistoiresdebetty
Il était une fois...
le p'tit grain de folie de Betty mi-ange, mi-démon.
Il n'est pas de hasard, il est des rendez-vous
pas de coïncidence...
nouvelle vague, vie, année...
lespetiteshistoiresdebetty
Il était une fois...
le p'tit grain de folie de Betty mi-ange, mi-démon.
Il n'est pas de hasard, il est des rendez-vous
pas de coïncidence...
Un passionné de la nature,
par ce cliché, a immortalisé l'ami imaginaire de Betty et elle l'en remercie... http://michelc.over-blog.com/article-21345336-6.html#comment29555397
Betty est assise au pied d’un chêne entre deux racines qui lui font comme
un fauteuil. Il y avait fort longtemps qu’elle désirait rencontrer ce chêne et se lover contre le gros ventre rugueux de cet arbre, roi de la forêt voisine, le plus ancien et respecté
de tous. Son envie l’y a menée par ce beau dimanche de juin. Dans la plaine, il fait bien chaud en traversant les champs de blés mais arrivée à la lisière du bois, elle y a trouvé l’ombre et la
fraîcheur.
Assise contre ce chêne majestueux, la tête levée vers le ciel, laissant ses yeux
naviguer entre les nuages tout cotonneux, elle se sent bien et laisse petit à petit, son imagination dessiner le paysage. Elle soupire et respire une bouffée d’air frais dégageant le parfum
des fleurs et des pâturages fraîchement coupés. Ses oreilles s’emplissent des notes de musique des oiseaux et de la brise qui chante dans les feuilles du vieux chêne. Betty se sent légère,
sereine et happée par le sommeil, s’endort. Ses rêves et son imagination se confondent puisqu’elle entend le chêne qui lui parle…
« Je suis si vieux que je ne sais plus vraiment mon âge. Je sais seulement
que plusieurs fois, déjà, les bûcherons sont revenus aux alentours, pour abattre mes amis. Je connais la sensation du choc des cognées, le craquement de leurs branches et le fracas des arbres, ma
famille, qui tombent. Quelle dureté que l’aigre musique de la scie, les cris des charretiers. Les charbonniers ont campé ici, à ta place, là où ton corps se repose. Combien d’amoureux se sont
enlacés à mes côtés, se sont promis un amour éternel, ont gravé leurs prénoms sur mon écorce. Regarde Betty, je suis marqué de mille cœurs et de baisers ! Combien de femmes sont venues
pleurer leur déception amoureuse, leur frustration. Et que dire de celles qui se reposaient à mes pieds pour y recomposer leurs bouquets de muguet, arranger leurs paniers de fraises, de
framboises, de myrtilles, de mûres sauvages. Et ces hommes qui de bons matins, venaient trier leurs champignons.
Je vois passer à la lumière du jour des chasseurs, des ramasseurs de bois morts
et des pêcheurs, qui font une halte à mes côtés pour se reposer, avant de gravir le sentier. La nuit, je sens le frôlement de la robe du chevreuil qui vient faire sa toilette à mon contact,
j’entends le pas furtif du braconnier qui à l’affût, avance pas à pas. Chaque automne, une laie m’amène ses marcassins pour me les présenter et pendant qu’elle se frotte à ma rude écorce, ses
bambins croquent avec gourmandise les glands que je leur ai jetés. Et puis, je vais te dire un secret... Je compte sur toi Betty pour le préserver. Cachés dans mon épais feuillage, nichent un
couple de ramiers qui tous les ans, si jamais ils sont toujours en vie, viennent se reproduire et me font les faveurs de la naissance de leurs petits. Je loge dans un trou de mes branches cassées
un nid d’écureuil et mon ami le Pic-vert.
Monsieur de La Fontaine a raconté
qu’un de mes amis a été déraciné par une tempête mais MOI le roi de cette forêt, j’affronte les vents et suis indétrônable. Pourtant je suis tardif à m’éveiller et si frileux ! Mes feuilles
ne se déplissent qu’au mois de mai et j’ai du mal à m’en défaire quand vient l’hiver.
Betty, le crois-tu, les autres de la forêt me disent que je suis sorti d’un de
mes fruits : le gland. Dès la première année de mon existence, je ne possède pour unique robe, trois à quatre petites feuilles. Mes souvenirs ne remontent pas jusqu’à là, vu mon grand âge,
mais crois-tu vraiment, vu ma splendeur, que cela soit possible ? »
Betty, sortant petit à petit du monde des rêves, reprenant ses esprits mais
encore toute engourdie de sommeil, se recroquevilla contre son ami et lui déposa un baiser sur son écorce en lui murmurant qu’il ne disparaîtra jamais, puisqu’elle pourra le rejoindre dans son
monde imaginaire…
Le mois préféré de Betty...
Coups de théatre