lespetiteshistoiresdebetty
Il était une fois...
le p'tit grain de folie de Betty mi-ange, mi-démon.
Il n'est pas de hasard, il est des rendez-vous
pas de coïncidence...
Que devient-elle ?
bientôt....
nouvelle vague, vie, année...
lespetiteshistoiresdebetty
Il était une fois...
le p'tit grain de folie de Betty mi-ange, mi-démon.
Il n'est pas de hasard, il est des rendez-vous
pas de coïncidence...
Betty se souvient d’un tendre souvenir d’enfance. Il suffit d’une promenade au bord d’une rivière
au lever du soleil, pour que les lumières et odeurs de la rosée lui rappellent ces matins de printemps, ou elle accompagnait son Grand-père. Un petit équipement, une besace garnie d’un copieux
petit- déjeuner : un oignon et une miche de pain pour l’ancêtre adoré et des tartines chaudement recouvertes de confiture de framboises sauvages, préparée avec amour par sa
Grand-mère.
Beauté des Alpes, souvenirs tendres de ces longues promenades matinales, arrêts
sur image des cascades d’eau glacée dévalant les montagnes et vision de paysages sublimes et parfumés des pâturages alpins. Ce souvenir est ancré dans sa mémoire et par ces mots, Betty s’est mise
à laisser son imagination courir sur le papier pour traduire, par une simple petite histoire, ceci…
Bonne lecture à vous.
Truite arc-en-ciel que tu es si belle…
Grand-père avait l’art et la manière de vous émerveiller des beautés de la
nature. Il ne pêchait que pour se détendre. Il aimait par-dessus tout, les balades en montagne, les versants colorés aux prémices du printemps et de l’été, les rencontres avec les animaux à
l’éveil de l’aube, les découvertes d’espèces nouvelles, les odeurs fraîches des herbes et des fleurs que la rosée soulevait dans l’air du petit matin. Il avait trop le respect de la nature pour
ne pas l’encombrer de ses pas lourds, de ses déchets et mille folies qu’aujourd’hui certains promeneurs s’autorisent. Cet amoureux des grands espaces a fait, sans le savoir, une adepte de la
nature et des plaisirs simples. Ceux de Betty qui pour sa première, s’est vue un jour conviée à ces escapades et parties de pêche en rivière.
Pour pêcher, il mettait en pratique sa méthode : la pêche « à la
volante ». En fin de soirée, au coucher du soleil, Betty et lui s’en allaient à la cueillette des sauterelles. Amies de Betty par les jeux de sauts dans les champs d’herbes folles, celle-ci
devait faire bonne figure pour ne pas contester le fait au regard de son grand-père, que c’était un crime de les utiliser pour appâter la truite. Peine perdue, Grand-père ne voyait pas ces
animaux du bon dieu plus utiles qu’un bon leurre pour attirer les truites sur sa canne. Et que dire des grillons, qui par jeu d’épis de blé, allongée dans l’herbe, Betty les chatouillait pour
qu’ils sortent de leurs petits trous et viennent à elle, tout cela pour finir dans un bocal pour la pêche du lendemain. Betty petite fille sensible ne pouvait dormir chaque veille de partie de
pêche sans penser à ce que ses amis allaient subir comme sort ! Combien de fois ne sait-elle pas échapper en pleine nuit pour aller libérer ces gentils insectes de leur cage, tout en jurant,
au petit matin qu’elle n’y était pour rien…
Grand-père prévoyait leur équipement, la carte des sentiers à suivre, (carte
griffonnée au crayon gris sur papier mâché telle la représentation d’une carte aux trésors), le choix des rivières en fonction des pluies d’orage, les vents de montagne qui par grain de malice
donnaient indice aux truites de la présence humaine. Tout ce fin stratège pour, le pense Betty, la faire rêver et lui procurer un imaginaire débordant et un côté aventure… Leurs échanges, arrivés
sur le bord d’une rivière ou court d’eau n’avaient en rien de comparable avec les manuels d’enseignement à la pêche. Tout était fluide et sans théorie. Le seul plaisir d’être ensemble en fusion
avec le paysage et les décors somptueux qui se dessinaient à l’horizon, leur suffisait. Les leçons étaient plaisantes, variantes en fonction de l’attention de l’élève… « Les sauterelles doivent rester vivantes ! Enfile-les par leur abdomen pour qu’elles puissent respirer et se débattre plus de quelques minutes (brrr
quelle horreur…). Attention au bouchon ! Dès qu’il s’enfoncera, donne un coup sec du poignet et tiens le fil tendu ».
Betty restait seule, les yeux rivés sur le court d’eau, à l’affût du moindre
rond dans l’eau qui pouvait apparaître au mouvement de rotation de nageoires des truites et le regard attaché sur le flotteur. Puis, ce souvenir, celui où comme par miracle, le bouchon frémit, se
dandina, s’agita avec force, et plongea… UN cri, celui de Betty qui, surprise de l’attaque n’en menait pas large… Elle suivit pourtant à la lettre les conseils de son Grand-père qui complètement
excité, lui disait de ferrer, de tendre le fil et de laisser du mou pour que cette superbe truite aux mille couleurs prenne l’aisance de croire qu’elle était saine et
sauve.
Le cœur de Betty battait la chamade, non la sensation d’être
promue Reine d’un jour.., mais bien celle de trouver en quelques secondes, la manière de redonner la liberté à cette belle truite. En un éclair, elle sauta dans le court d’eau, pris l’épuisette, saisit le bouchon des deux
mains, jeta sa canne à toute volée sur le bord du pré, délivra délicatement les nageoires de la truite de l’hameçon et remit à l’eau cette merveille, brillant au soleil, battant des nageoires
couleur de feu.
Toute cette scène sous les yeux ahuris de son Grand-père, qui se promit que
c’était bien la dernière fois que Betty aurait pour cadeau d’anniversaire une canne à pêche et une épuisette !
Et dire, qu’aujourd’hui, au surf-casting, elle ne se débrouille pas si
mal…
Un jour, toujours...
Coups de théatre