lespetiteshistoiresdebetty

 

  Il était une fois...

le p'tit grain de folie de Betty mi-ange, mi-démon.


  Il n'est pas de hasard, il est des rendez-vous

pas de coïncidence...

Vendredi 23 mai 2008 5 23 /05 /Mai /2008 01:27

« TRY3245 la piste est à vous. Alors vous décollez ou quoi ! »

La tour ordonne à Betty de se lancer, d’aller à la rencontre de la piste qu’elle aperçoit tout à l’horizon et François lui rappelle les termes techniques enregistrés il y a de cela à peine quelques minutes.

« Poussez les manettes de gaz à fond, et quand vous avez atteint la bonne vitesse cabrez l’avion Betty, tirez le manche en arrière et montez délicatement… »

Enfin…, elle a entendu ce qu’elle a pu vu le vacarme du moteur et la chaleur qui commençait à la gagner. MAIS… un arc électrique a pénétré le p’tit corps de Betty ! L’avion répondait à ses attentes ! Docile, il commença à se soulever de la piste, tout doucement, tranquille et sage comme si, il avait conscience que son hôtesse était son amie. Le manche s’avança vers son p’tit ventre et avant qu’elle ne s’en aperçoive, elle s’envola…

Plus l’avion transperçait le ciel, plus Betty se sentait légère comme une plume, un sourire grandit sur ses lèvres et, croyez-le ou pas, des larmes se mirent à couler doucement sur ses joues… Moment intense, sensation de bien-être, oserait-elle vous le dire ou le décrire, mais les femmes de son monde comprendront, les prémices, oui, d’un orgasme ! Un certain passager ne l’avait point trompé…

Malgré ses sensations, une pensée l’a traversée à cet instant : quitter l’aéroport, écourter ses adieux, l’émotion est trop vive et son cœur bat pour deux… Celle-ci, Betty est la seule à la comprendre mais elle avait envie de….

Puis face au vent, François lui dicta les procédures de virement de bord pour stabiliser l’avion. Betty rentra les volets et l’anémomètre lui annonça qu’elle planait à 1 300 pieds – 400 mètres… Arrêt sur images : moments présents, les siens et les vôtres…

Les paysages s’étalent à perte de vue, les couleurs vous inondent le visage, les nuages se jouent de vous, leur coton effleure la verrière et les ailes de l’avion, les points verts, blancs, rouges sont des maisons de poupées, les vaches, les rivières sont miniatures. Géantisisme !

Après 30 minutes de vol, Betty aperçu enfin la mer, celle qu’elle affronte souvent, celle qui n’a pas la même allure vue du ciel. Il était temps car Betty commençait à se sentir toute chose, un mal au cœur la titillait… Les clapots ont l’air soyeux, les moutons dansent avec les vagues au lieu de les affronter, les bateaux semblent immobiles, la mer est toujours à sa place mais d’une autre manière. Betty a l’impression de survoler une image bleue sans fin, sans limite, sans frontière, là où personne ne peut vous atteindre ! Vue grandiose d’un grand bleu à l’infini. Aucun cliché, aucun mot ne peuvent vous faire ressentir cette vision où se confondaient le bleu, les rochers frappés par la houle, les bateaux laissant derrière eux un sillage parfait, sans houle, tel le sillage d’un avion dans le ciel.

Contemplation et retour au pilotage…

François aux petits soins avec LE PILOTE, lui suggéra de faire un virage à gauche, juste pour voir si Betty avait bien appris sa leçon ! Aie, aie, aie, gauche, droite ou tribord, bâbord ? Betty et oui, s’est mélangée les pédales ! Vu qu’il n’y a pas de rétro, ni de clignotant, Betty, blonde qu’elle est, s’est mis à virevolter sa p’tite tête dans tous les sens juste pour voir si quelqu’un aurait pu la percuter en plein vol ! François, et oui, en pleine séance de rire, lui a demandé si par le plus grand des hasards, Betty avait eu son permis de conduire et surtout après combien de passage ! Pff, même pas drôle ! TOUT SOURIRE et fière de sa mémoire photographique qui la sauve à tous les coups, Betty, fort de son assurance (hormis l’état général de son estomac…), cria : « Virage à gauche sécurité ». Elle vira le balai et le plafonnier gauche et amorça son virage. Le François pouvait aller se rhabiller car la manœuvre fut exécutée intelligemment, avec prudence et volupté !

Applaudissements du « co-pilote » et trouvant Betty à l’aise en vol, en profita pour faire sa pub ! Ben tiens, ne faut surtout pas perdre le Nord… Si cela intéresse quelqu’un, sachez que vous pouvez piloter seul dans un rayon de 30 kilomètres avec un brevet de base et 10 heures de vol seulement ! Incroyable non ? Plus accessible que le permis de conduire ! Pour pouvoir piloter avec des passagers, il faut le « PPL », soit 45 heures de vol. Betty la généreuse se dit que cela va lui coûter les yeux de la tête si elle doit prendre en compte tous ses p’tits amis qui souhaiteraient l’accompagner ! Faut vraiment qu’elle apprenne à dire NON ! Il le faut pour la survie de son p’tit porte-monnaie…  

Trente minutes à se tortiller sur son siège, (les envies sont là où on ne les attend pas), entre l’estomac balancé et la pause pipi qui s’impatiente, Betty, malgré son merveilleux vol, blanchissait à vue d’œil. Se retenir de vomir, se retenir d’évacuer en plein vol et puis au beau  milieu de l’atlantique ! François, au vue des couleurs de la belle, lui dit d’un ton plutôt gentil pour une fois, qu’il valait mieux rentrer !

La TERRE enfin ! La tour, tout au loin mais si proche à la vitesse de l’avion. Betty a du sortir les volets, réduire les gaz, pousser le manche en avant et l’avion toujours aussi docile s’est mis à descendre mais TROP VIIIIIIIIIIITE ! Le François pris d’un coup de génie a relancé les gaz pour redécoller et prendre de la vitesse… Ouf l’avion se mit à frémir, à vibrer comme si il leur montrait son mécontentement.

« Betty, mais vous êtes pire qu’un ouragan ! Vous voileuse, vous avez amorcé votre descente en vents contraires ! »… Ou lala, François n’était pas content du tout et malgré que Betty s’en fût excusée, le François décida que pour l’atterrissage, il valait mieux pour tout le monde qu’il reprenne les commandes. Il mit le nez de l’avion face à la piste, réduit la vitesse et se posa sans souci. De sa frayeur, il n’avait même pas fait attention à Betty qui n’en menait pas large à côté de lui… Non, elle n’a point vomi. Non, elle n’a pas pleuré. Non, elle n’a pas boudé. Non, elle n’a pas crié.

Oui, elle a… Dîtes, les p’tits loups, faut-il qu’elle vous l’écrive ou votre imagination s’en chargera. Honteuse, la descente de l’avion fut également manœuvrée en vents contraires… MAIS, après un passage aux toilettes des dames, Betty revigorée par quelques bulles de champagne, vous le dit :
CE JOUR LA, elle s’est sentie libre et aventurière.

Par Betty - Publié dans : Moments magiques
Voir les 13 commentaires
Retour à l'accueil
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés