lespetiteshistoiresdebetty

 

  Il était une fois...

le p'tit grain de folie de Betty mi-ange, mi-démon.


  Il n'est pas de hasard, il est des rendez-vous

pas de coïncidence...

Mercredi 7 mai 2008 3 07 /05 /Mai /2008 00:12

Betty a rêvé d’une rencontre l’autre nuit. Une rencontre étonnante et imaginaire. Un moment doux et tendre, celui qui vous laisse songeur et rêveur tout au long de la journée. Un moment qu’elle souhaite partager avec les plus petits mais aussi les plus grands… Les rêves sont parfois étranges, fiévreux, discrets ou sombres mais en fonction de votre imaginaire, peuvent vous laisser, au petit matin, un doux souvenir… Betty, vous laisse entrer dans son rêve enchanteur.   

  

Betty pêche dans le canal du moulin. Il fait chaud. L’air bourdonne d’insectes mais malgré ce remue-ménage, elle somnole un peu. Voici qu’une libellule se pose sur sa main : une magnifique libellule, longue et svelte, les ailes jointes. Elle la regarde avec ses yeux énormes, qui lui mangent toute la tête. Surprise, Betty n’ose pas bouger.
« Bonjour la demoiselle, puis-je me reposer une seconde ? Ne crois pas que je flâne, à passer et à repasser comme une flèche bleue, que je fasse la « demoiselle ». Non, je surveille tout ce qui vole, danse et bourdonne au-dessus de l’eau. Je fais la chasse à tout ce qui pique, suce et mord : mouches, moucherons, cousins, moustiques et éphémères » ! Regarde Betty, je suis construite comme mon grand-frère, l’avion qui ronfle là-haut. J’ai quatre ailes de gaze légères et transparentes, souples et solides, six courtes pattes à crochets. Tout cela est bien attaché à un thorax musclé. Rien pour m’alourdir : les anneaux de mon ventre, euh pardon, de mon abdomen sont gonflés d’air. Je vole, tournoie dans les airs et file comme l’éclair en fonction de mes désirs. Je rase l’eau, je pique, je plane, je fais des crochets ! Avec une telle gymnastique, comment ne pas être toujours affamée ! »

« Je suis un avion de chasse et rien ne me résiste quand me prend l’envie de faire la course avec mes petites copines, les coccinelles. D’ailleurs, regarde Framboise me demande à nouveau de faire les folles. Cette petite coquine vient de faire un festin de rêve, elle vient de s’engloutir une grappe de pucerons agrippés sur les iris sauvages qui bordent la rivière. Mais, moi, sans lunettes, ni longue-vue, je dois sans cesse faire le guet pour me délecter d’une petite araignée accrochée sur sa toile ou un joli moustique qui virevolte sur les nénuphars. Tu crois que je n’ai que deux yeux ! Vu la façon dont tu me regardes, tu te demandes pourquoi j’ai de si grands yeux tout ronds et si dodus ! En vérité, j’en ai plus de dix mille de chaque côté. Si je n’ai pas de trompe comme mon ami le papillon, ni d’aiguillon comme la guêpe, j’ai de solides mâchoires, tout ce qui faut pour saisir, broyer, pétrir et avaler les délinquants de cette jolie rivière.
« Betty, quel bonheur de grésiller, de bondir, de plonger dans la lumière et le soleil… Pourquoi, ne viendrais-tu pas me rejoindre ? Sais-tu que pour profiter enfin de ces moments de bonheur, j’ai attendu si longtemps au fond de la rivière, au temps où j’étais une larve, rampant dans la vase obscure et froide. J’étais déjà une grande gourmande : je chassais les vers et les têtards. A force de grandir, de changer de peau, je me suis métamorphosée et me voici, toute éblouissante et si belle au soleil. Regarde-moi ! Vois-tu ces reflets à la lumière ? Ne suis-je pas à tomber avec cette robe aux couleurs vives ? Et surtout, chère Betty, respecte-moi ! Ne sais-tu que je te défends contre les piqures de moustique ? ».
Au même moment, Betty sentit une piqûre vive sur son p’tit poignet. C’était un de ces moustiques, qui par la peau sucrée de Betty, était venu se goinfrer des sucres laissés par une gourmandise oubliée au déjeuner.
« Et bien, chère Libellule », dit Betty. « Il me semblait que tu devais me défendre contre les attaques des délinquants de la rivière » ? La libellule déploya ses ailes, tournoya autour de Betty, puis d’un battement d’ailes, lui lança toute guillerette :
« Betty, il est temps de te réveiller, il est temps de te lever… Tous les p’tits zanimos de ta boutique t’attendent pour te faire la fête » !
Tendre est le rêve, désagréable est la réalité….

Par Betty - Publié dans : Dame nature
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