lespetiteshistoiresdebetty
Il était une fois...
le p'tit grain de folie de Betty mi-ange, mi-démon.
Il n'est pas de hasard, il est des rendez-vous
pas de coïncidence...
nouvelle vague, vie, année...
lespetiteshistoiresdebetty
Il était une fois...
le p'tit grain de folie de Betty mi-ange, mi-démon.
Il n'est pas de hasard, il est des rendez-vous
pas de coïncidence...
Avocat commis d’office…
Après mes crimes, je devais être donc représenté par un « homme de droit » ayant pour simple habit, une robe. Serais-ce un bon professeur qui ne me ferait passer aucun examen et ne me donnerait pas de mauvaises notes ? Alors que devais-je inventer cette fois-ci pour m’en sortir ?
Lui dire à ce jeune prodige en jupe que je n’y étais pour rien, que mes arnaques étaient dues au fait d’une enfance peu reluisante et ayant pour manque, le sein d’une mère ?
De toutes les professions, j’étais le meilleur, celui qui jouait des tours de passe-passe à toutes les polices du monde ! Le parfait arnaqueur, celui recommandable dans tous les milieux. Mais, un jour, je me suis fourvoyé dans une transaction, la transaction à ne pas manquer, celle de tout débutant ! Et par un tour de magie, mon bourreau, m’avait pincé pensant que j’avais voulu une nouvelle fois faire le mariolle. Il m’avait lancé au détour d’un interrogatoire qu’il savait tout sur ma petite personne. Il avait simplement oublié, qu’un arnaqueur avait plus d’une carte dans son jeu…
Alors par jeu, je me gardais de lui fournir à cet agent fédéral le genre de confession qu’il aurait été trop content d’avoir et ne lui donnais aucun détail sur les méfaits que j’avais commis. De plus, ma jeunesse m’empêchait d’avoir peur. J’étais trop jeune pour analyser ou envisager les conséquences de mes actes. Il m’était même facile de les justifier. Mais dans l’âme, je n’étais qu’un môme et un enfant ayant besoin de sa mère et de son père mais aussi d’un milieu familial.
Mon métier arnaqueur. Mais en aucune façon je ne voulais être condamné à une peine de prison. Cette vision aurait été un supplice destiné à détruire mon corps et mon âme. Je voulais toujours et encore aller à la rencontre de gens chaleureux, aimables, sociables, ayant les pieds sur terre pour être mieux plumés, le sourire communicatif et l’art de se fendre en quatre pour me faire plaisir. Des gens heureux pour me rendre heureux, oui cette vie me plaisait plus que tout.
Cette vie oisive que je menais et que je souhaitais conserver et protéger à tout prix, il fallait, même si mon petit ventre commençait à pointer, un petit embonpoint croissant dû à mes méfaits de volupté, qu’elle continue à me nourrir, à me saouler, à me droguer… Oui, pour tout l’or du monde, il fallait que je la communique à mon avocat commis d’office… Voilà comment, je m’en sortirais : l’oisiveté appelle l’oisiveté.
Seul dans mon box, dans un noir absolu, une obscurité humide et étouffante à la fois, j’essayais de mettre au point mon stratège de fuite. Oublier la panique qui montait lentement en moi, il fallait. J’entrepris de me calmer en rationalisant la situation et ma créativité me permis de mettre au point mon scénario pour conquérir mon avocat commis d’office. Ma créativité et ma profession d’arnaqueur étaient mes seules soupapes de sécurité.
En pleine concentration, je ne m’étais point aperçu qu’un corps revêtu d’une robe noire, me regardait. Surpris de la vision, je restais coi. Mais, cette créature, mon avocat commis d’office, était une femme et seul dans mes pensées me remémorait qu’au fil des ans, j’avais eu l’occasion de folâtrer avec un certain nombre de femmes et celle-ci pouvait être mon issue de secours, celle à qui, je ferais mon numéro. Pourquoi serait-elle si différente des autres ?
Je me tins coi, tout en brûlant d’envie de lui poser une bonne douzaine de questions mais son apparence et son regard m’interdisaient tout mouvement de toute sorte. Finalement, je mis en pratique mon métier et me mis à parler doucement de façon à bien me faire comprendre. Je décochai le sourire le plus sensuel, tout en humectant mes lèvres dont j’étais capable dans ces circonstances et les mots se mirent à sortir de ma bouche comme l’eau jaillissant d’une écluse, mon histoire.
À la sortie de cette audition, je me suis laissé faire, séduire par cette femme et après un mémorandum de mes actes, elle se lança alors dans une plaidoirie où avec éloquence et émotion, elle demanda à mes juges de se montrer cléments envers moi. Son ton était sans réplique, une belle et sensuelle actrice, une superbe arnaqueuse me montrait le chemin de ma liberté. Vision de rêve pendant le verdict, ses yeux bleus lancèrent des éclairs et ses petites épaules se redressèrent, tout en me fixant. Puis ses yeux et son visage se radoucirent et elle me sourit.
J’étais libre ! Et d’un mouvement gracieux, cette beauté me dit d’un ton empreint de gravité: « J’espère que votre avenir sera des plus heureux et pense que nous nous verrons jamais et que vous vous jouirez de cette situation informelle. ».
Elle avait prononcé ces mots calmement, sans passion, d’un ton bien disposé mais tout à fait amical et si sensuel à mes oreilles. Mon dieu, qu’elle était charmante, ravissante et savait s’y prendre pour manier son monde et parler aux hommes. En cet instant, j’aurais tout donné pour que nous soyons ensemble, parés pour les grandes manœuvres. A qui pouvait donc profiter le crime ?
Si d’aventure, on nous soupçonna de nous être « mouillés » ensemble dans cette histoire, personne n’eut l’idée de nous incriminer. Je ne l’ai jamais oublié et elle demeure dans ma mémoire l’avocate la plus diabolique et charmante sur laquelle on pouvait toujours compter. Une arnaqueuse de cœur…
Betty 29.02.08
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