lespetiteshistoiresdebetty
Il était une fois...
le p'tit grain de folie de Betty mi-ange, mi-démon.
Il n'est pas de hasard, il est des rendez-vous
pas de coïncidence...
nouvelle vague, vie, année...
lespetiteshistoiresdebetty
Il était une fois...
le p'tit grain de folie de Betty mi-ange, mi-démon.
Il n'est pas de hasard, il est des rendez-vous
pas de coïncidence...
Pourtant, Tom se remémorait, qu’à leur rencontre, ce sont toutes ses
choses qui l’avaient conquis, séduit. Sa persuasion le jour de son entretien, sa facilité de négociation, sa communication triomphante, l’expression de ses émotions, sa sensibilité, sa douceur,
ses sentiments et cet amour qu’elle lui avait apporté, cet amour nécessaire à la réussite de sa vie d’apparence et de performance. Toutes ces valeurs et bien d’autres qui l’avaient permises
d’accéder désormais à mon poste. Elle avait pris désormais le commandement du Cabinet, devenait l’autorité, le patron. Mais Tom restait perplexe à cette étrange situation.
Comment, oui comment avait-il été aussi dupe ? Pourquoi, les hommes normalement formatés au pouvoir sont-ils dépourvus de la sorte par la gente féminine. Il se disait qu’il aurait du être
plus prévoyant, moins sensible, moins aimant et prévenant et rester le patriarcal de ses débuts, l’homme fort et non dépourvu aux changements de situations. Rester le maître ! C’était en
fait, bien ça qui l’embêtait. Non d’avoir été licencié, mais d’avoir été ainsi manipulé. Cette fameuse crise de l’identité masculine, qui selon lui, débouchait au mieux sur l’indifférenciation
des sexes, au pire sur la disparition des mecs.
Un soir, il en avait discuté avec ses collaborateurs mais s’était attiré des ricanements. N’avait-il pas, à ce moment précis, ressenti le « danger imminent » pour avoir osé aborder
le sujet entre collègues. Mais voilà, il s’était fait tourné en ridicule par son auditoire. Pourtant, il leur avait demandé d’imaginer le monde à venir, celui des femmes à leurs côtés voire à
leurs places. Toutes générations confondues, ces messieurs avaient dressé une perspective pas très enthousiasmante mais unanime. Les femmes, oui, à leurs côtés, mais sous leurs ordres car si
demain, le monde était dominé par les femmes, la gente masculine deviendrait au mieux des « hommes esclaves », des "bons toutous", parqués
dans une cage, ou certaines d’entres elles, viendraient se délecter à regarder ces spécimens en voie de disparition.
D’ailleurs, à chaque fois que Tom demandait autour de lui, à des amis de tout âge et de toutes conditions sociales, comment ils voyaient l’homme du futur, tous, sans exception, s’imaginait un
type soumis, un homme-femme, parfois une larve de l’humanité.
A la conclusion des ces discussions, les hommes d’après Tom, se demandent ce que veulent les femmes, nous charmer pour mieux nous éliminer ?
Et pourtant, celle qui l’avait fait tant fantasmée, était à l’époque de leur liaison, malgré ses qualités premières, si docile… L’image de la femme idéale, indépendante, virile dans sa
profession, charmante, conquérante et aimante. Elle avait plus que bien manœuvrée, elle l’avait étudié et choisi. Isabelle, chère Isa, se disait Tom, tu avais compris la différence entre
« pénis » et « phallus » et tu t’étais emparée de tous ces symboles phalliques que
sont l’ambition le pouvoir, les exploits, les records, la création, la réussite. Moi je les avais oublié au fil des années et confiant à n’être jamais détrôné je m’étais laissé vivre. J’avais
conforté ma réussite, mon immobilisme en les compensant par des jouets et avais reporté ma carrière sur ce monde d’enfant gâté à qui rien ne résiste.
Par son acte de décès, Tom se disait que pour lui, à quarante ans, la
pilule avait du mal à passer, de s’être fait ainsi manipuler, mais c’était une affaire d’une ou de deux générations pour voir apparaître l’égalité entre les deux sexes. Certains hommes auraient
beaucoup de mal à l’admettre, se faire ainsi supplanter par les femmes et voir leur château-fort totalement démantelé en quelques décennies.
Tom se disait que pour faire un homme nouveau, autre chose qu'un macho, un patriarche ou un androgyne incertain, la femme devait aussi, et plus que tout, admettre que l'homme est indissociable de
la société, indispensable dans tout couple sentimental et professionnel, qu'elle devra composer avec lui. Il y aurait tout à inventer, ce qui n'était pas, se disait Tom, une mauvaise
nouvelle.
Alors, Tom laissa échapper au vent sa couverture sociale qui lui avait été remise ce matin, s'en alla d'un grand pas et envisagea son avenir sous des auspices moins sombres. Il allait mettre à
projet, son idée d'associer les deux sexes à former CE nouveau monde.
Le mois préféré de Betty...
Coups de théatre