lespetiteshistoiresdebetty
Il était une fois...
le p'tit grain de folie de Betty mi-ange, mi-démon.
Il n'est pas de hasard, il est des rendez-vous
pas de coïncidence...
Que devient-elle ?
bientôt....
nouvelle vague, vie, année...
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Il était une fois...
le p'tit grain de folie de Betty mi-ange, mi-démon.
Il n'est pas de hasard, il est des rendez-vous
pas de coïncidence...
" Suzette à la plage "
Vite, le grand bol de lait, les tartines de beurre salé, les bonnes crêpes froment tapissées de confiture à la framboise. Vite, vite, qu’on descende sur la plage avec impatience et bonheur !
Suzette, était encore hier nichée dans sa maison sous le ciel gris de Paris et par magie, la voici au bord de la mer. Sa marraine, Françoise, cette bretonne de cœur, a fait un miracle. De passage pour son travail, elle a constaté que les joues de Suzette étaient bien pâlottes et que son humeur était morose par le peu d’air iodé de la capitale. « Allez, prépare ta valise et par le prochain train, je t’emmène pour trois semaines, au bord de mer » !
Suzette folle de joie, en ce joli matin, ouvre les volets de sa chambre, se met à contempler l’horizon, la plage, la mer, les rochers, et d’un mouvement rapide, ferme la fenêtre. « Pouah », se dit-elle, quelle drôle d’odeur que ces algues, qui par leur séchage au soleil, font monter une odeur plus qu’inconfortable pour la p’tite parisienne qu’elle est ! Descendue en quatrième vitesse l’escalier menant à la plage, courant au vent et retenant sa jupette, elle fait bien attention à ne pas se tordre les chevilles sur les galets bordant la falaise et dune. Puis d’un saut délicat, se retrouve sur l’étendue de sable. Quelle sensation sur ses pieds nus. Ce sable jaune, si ferme et si doux qu’on a envie de se rouler dedans. « Promis » se dit-elle, « j’en ramènerai à mes copines et à ma maman ! Elles ne vont jamais me croire que ce sable est si beau et si fin.»
La mer est basse, les rochers sont découverts et à perte de vue des pêcheurs à pied, dos rond, creusent le sable, pour y dénicher toutes sortes de coquillages. Suzette doit prendre son courage à deux mains si elle veut atteindre les vagues et sentir leur chatouillement sur ses chevilles. Les vagues, en prime flots viennent par le changement de marées, mourir sur le sable avec un frémissement d’écume. Et pourtant ces vagues arrivent tout droit de l’horizon, bien loin avec force et par un calme plat viennent se confondre au sable. « Que c’est étrange » se dit Suzette. « Il faudra que je demande à Françoise, pourquoi la mer s’en va et revient sans cesse, jour après jour. »
La petite fille ne sait plus où donner de la tête. Que c’est beau ! Le ciel se confond à la mer, des mouettes, des goélands, des sternes virevoltent au-dessus de sa p’tite tête brune. Puis, entre les vagues, un cormoran vêtu d’une robe noire, bat lentement des ailes et par un coup de folie, plonge. Et tout en haut des vagues, à l’horizon, des voiles blanches glissent et se rapprochent de la jetée du port. Les baigneurs du matin sortent de leurs cabines, frileux dans leurs maillots et courent vers l’eau où d’un plongeon, vont nager et faire la planche. Trop froide, Suzette préfère barboter au bord en jouant avec son ballon.
« Suzette, dépêche-toi, nous allons au port acheter du poisson ». Françoise et sa filleule longent la digue qui mène au port et les bateaux, partis de bon matin, sont enfin accostés pour la vente de leurs godailles. Par l’échelle de fer, les pêcheurs hissent leurs paniers de poissons : maquereaux tout zébrés de vert et de bleu, grondins, sardines, soles et limandes, congres à têtes d’argent, bars virevoltent dans tous les sens et par le soleil, un arc-en-ciel se forme autour des paniers. A côté, les langoustes et leurs cousines langoustines balancent leurs antennes à la recherche d’une cachette. Françoise fit son choix pour le déjeuner de midi et dit à Suzette que cet après-midi, elles iraient se promener jusqu’à l’Ile Verte. « Il y a bien d’autres merveilles qui t’attendent ma Suzette ! Imagine, ma jolie poupée : des algues de toutes les couleurs, de beaux coquillages nacrés, dans les flaques des crevettes transparentes nageant à la recherche de plancton, sur les rochers agrippées de peur de tomber, des moules, dans les trous, des oursins bruns et violets, hérissés comme des châtaignes et les anémones marrons et violettes qui dansent au mouvement des vagues. Et si la chance est avec nous, tu pourras apercevoir de petits crabes qui courent de travers en ouvrant leurs pinces pour se protéger de nous ! »
Revenues par la plage, Françoise partit préparer le déjeuner, Suzette se mit à faire des pâtés de sable et construisit un château de sable avec une digue pour faire passer l’eau. Quel délice que cette plage, et la côte qui resplendit de ses couleurs mauves, par les bruyères, et jaune par les ajoncs. Suzette se fit la promesse de revenir chaque année et de s’installer, car elle aussi, un jour, sera une bretonne de cœur.
Un jour, toujours...
Coups de théatre